Question
Chalom,
Es t'il permis daller courir chabath si c'est un plaisir ?
Merci
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Selon l'avis le plus majoritairement répandu, il n'est pas permis, a priori, de faire de la course à pieds à titre de culture physique, durant shabbat (1).
Toutefois, à l’intérieur de la maison, il est permis à celui qui en retire du plaisir de sauter et de faire de la gymnastique, dans la mesure de son plaisir. Cela, à condition de ne pas se fatiguer beaucoup, ni de s'entraîner d'après un programme déterminé, ni d'utiliser des appareils d'entraînement, car tout cela relèverait de l'activité profane.
De manière similaire, certains permettent de courir au pas de trot (jogging/footing) durant shabbat, dans la mesure où l'on ne le ferait pas spécialement en vue de transpirer et sans trop se fatiguer, profitant pleinement du repos du shabbat, tout en s'entraînant pour le plaisir (2).
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(1) En effet, ce type de course n'est pas considéré comme un plaisir mais comme un effort et ce, bien que l'on puisse tirer du plaisir de cet effort.
La raison invoquée par les décisionnaires à cela est que ce plaisir tient dans le fait de préserver notre santé et aptitudes physiques, et non dans la course en tant que telle. Par ailleurs, même si l'on est en excellente condition physique, qu'on a l'habitude de s'entraîner quotidiennement et que la course même nous procure du plaisir, la majorité des décisionnaires y voient une action relevant des activités profanes ( ouvdin deh'ol ), réduisant le shabbat au rang de jour profane. Cf. Tossefta Shabbat, chap. 17, hal. 16 (rapporté dans le Beit Yossef OH 301) ; TB Shabbat 147a et comm. dont Rashi et Toss. Rid, ad loc. ; Rambam, hil. Shabbat chap. 21, hal. 28 qui semble dire que seulement si on court pour transpirer c'est interdit à shabbat. Cependant, beaucoup ont compris qu'il n'y a pas de discussion entre Rashi et Rambam et le fait de courir est interdit à la fois du fait que le plaisir qu'on en retire est de la "médecine préventive" (refouah) et peut être considéré comme "ouvdin deh'ol" (cf. Sh. Ar. OH 327,2) et à la fois du fait qu'on puisse arriver à transpirer (cf. Sh. Ar. OH 328,42). Par conséquent, on ne peut pas non plus faire de la musculation sur des machines, etc. pour les mêmes raisons et c'est ainsi que tranchent de nombreux décisionnaires - cf. Yessodei Yeshouroun (Felder), vol. IV, p. 297 ; resp. Tzitz Eliezer (Waldenberg), vol. VI, §4 ; Shemirat Shabbat Kehilh'ata (Neuwirth), chap. 34, al. 22 ; Orh'ot Shabbat, chap. 20, al. 159 ; etc.
En outre, certains considèrent qu'il y a ici une discussion entre Rashi et Rambam et que l'on peut suivre le Rambam, dans la mesure où l'on ferait cela discrètement et sans transpirer, il serait permis de courir Shabbat - cf. Eliyah Rabbah OH 328, s.k. 48 et Mishna Beroura id. 327, s.k. 7 ainsi que Be'our Halah'a id. 328,42.
(2) Certains sont plus permissifs et considèrent que tant pour Rashi que pour Rambam l'interdit est uniquement lorsqu'on court en vue de transpirer et qu'il y a là une intentionnalité première (liée à quelque raison médicale) ; or, si ce n'est pas le cas - ce serait permis. C'est ce que soutiennent le Torat Shabbat OH 327, s.k. 2 et le Tehila LeDavid OH 328, s.k. 70 en note. Et c'est également la conclusion du rav Ben-Tzion Abba Shaoul, resp. Or Letzion, vol. II, chap. 36, §12 qui permet même l'utilisation de machines de musculation, etc. dans la mesure où on ne le fait pas pour transpirer et que cela nous procure du plaisir, quand bien même on transpirerait par la suite. Cf. encore Yalkout Yossef, Shabbat, vol. IV, p. 169 ; Shabbat beShabbato OH 328, al. 42 ; Nishmat Shabbat §211 ; Pninat HaShabbat (Winkler) - livre entièrement consacré à cette question (!), §12, p. 182-184.