Question
Dans Iggerot HaRambam עמ׳ קלא, 15-16 ״בהיות התורה נעתקה ללשון הסריאן והפרסי והיוני והלועזי קודם שעמד הפסול מאות שנים״, est mentionnée une traduction en persan de la Torah datant d’avant l’islam. Est-ce une erreur? Avons-nous retrouvé des traces d’une telle traduction?
Merci d’avance
Réponse du Rav Shmuel Elikan
La citation du Rambam citée mentionne que la Torah a été traduite en diverses langues, dont le syriaque, le perse, le grec, et d'autres langues, bien avant l'apparition de l'Islam, ce qui impliquerait une traduction en persan (moyen-perse) datant de l'Antiquité. Pour le grec il y a bien la Septante, le syriaque - la Pshiteta et la Vulgate pour le latin (loazi)
Cependant, il n'existe pas de preuve archéologique ou textuelle claire d'une traduction complète de la Torah en persan avant l'époque islamique.
Les traductions les plus connues de la Torah en langues persanes (comme le persan moyen) sont postérieures à l'Islam, notamment celles réalisées par des érudits juifs persans durant l'époque des Sassanides (avant le 7ème siècle), mais ces traductions ne sont pas bien attestées dans les sources.
La plus connue et complète a été publiée au 16ème siècle par r' Yaakov ben Yossef Tavès.
Pendant plusieurs années certains ont pensé qu'il s'agissait d'une traduction antique mais comme l'a démontré le rabbin Salomon Munk, elle remonterait tout au plus au 14ème siècle.
Il est possible que le Rambam fasse référence à des traductions ou des adaptations de textes bibliques en persan qui ont pu circuler oralement ou partiellement avant l'Islam, mais qui n'ont pas laissé de traces tangibles. Ainsi on peut retrouver certains termes dans le Tafsir de Rav Saadia Gaon qui proviennent du persan. Cette mention pourrait également refléter une tradition ou une opinion qui circulait à son époque, même si elle n'est pas confirmée par les découvertes archéologiques modernes.
Ainsi on peut lire dans le Talmud de Jérusalem (Meguila chap. 1, Hal. 9) que le persan est bon pour les textes de lamentation (kina).
En conclusion, bien qu'il soit très probable que des fragments ou des interprétations de la Torah aient existé en persan avant l'Islam, aucune traduction complète de la Torah en persan d'avant l'époque islamique n'a été retrouvée ou confirmée jusqu'à présent.