Rav Elikan
Torah
Torah14 décembre 2023Questeur #41WhatsApp

Question

Bonjour,

Pourquoi le Rambam appréciait-il particulièrement le nombre 14 (14 catégories de mitsvot, 14 principes directeurs du Sefer HaMitsvot, 14 livres du Michne Torah), que symbolise-t-il?

Merci d’avance

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Dans le responsum de Rabbi Yehoshoua HaNagguid (1), ainsi que dans les écrits de notre maître le rav N. E. Rabinovitch (2) on peut lire que le Rambam aimait beaucoup le nombre 14.

Effectivement, il y 14 catégories de commandements dans l'introduction au Livre des Commandements, qui, lui-même, se divise en 248 commandements positifs et 365 commandements négatifs, dont chaque partie est divisée en 14 groupes.

De manière similaire, dans la deuxième "racine" (shoresh) du Livre des Commandements, le Rambam décompte 14 méthodologies exégétiques (les 13 de Rabbi Yshmaël et le "ribbouy").

Par ailleurs, dans la troisième partie du Guide des Egarés, le Rambam divise les commandements selon leur "but" et "sens" et encore on retrouve 14 catégories (différentes du Livre des Commandements).

Ainsi, le rav Rabinovitch soutient, selon cette logique, qu'il y a 14 principes de foi selon Maïmonide : 13 dans son commentaire sur la mishna, introduction au Perek H'elek et le 14ème dans les hil. teshouva, au chap. 5, à savoir, le libre arbitre.

Cette idée est reprise par son disciple, le rav Jonathan Sacks (3).

Selon Rabbi Yehoshoua HaNagguid, repris par le rav Rabinovitch (4), la raison à cela est parce que la valeur numérique (guematria ketana) de la somme des commandements (248 et 365) est égale à 14 [2+4+8 = 3+6+5].

Selon d'autres, il s'agit juste d'un moyen mnémotechnique qui évite de se tromper (5).

A noter que certains lient le nombre de 14 avec la sainteté (selon la guematria ketana du mot "kadosh") (6), ou encore un rapport avec la royauté (malh'out) (7).

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(1) éd. Ratzhabi, Jérusalem, 1989, p. 34.

(2) Yad Peshouta, intro. à hil. Teshouva (Sefer Mada, vol. II, p. 853)

(3) cf. Sig vaSiah' (éd. Maggid, Jérusalem), vol. II, p. 360-363.

(4) cf. Yad Peshouta, ibid. et id. Hakdama ouMinyan haMitzvot, p. 68.

(5) cf. Rabbi Menah'em Mendel Shneersohn de Loubavitch, Torat Menah'em - Yayin Malh'out, vol. II, p. 314.

(6) cf. Tour OH 125 et Prisha ad loc. et selon la kabbala le Nom E-H-Y-Héh empli des lettres youd/heh (respectivement) - qui compte également 14 lettres chacun - cf. Sidour HaAri - H'emdat Israël (éd. Ahavat Shalom), Sod Kavvanat Sefer Torah, p. 261 ; Likoutei Torah, par. Beshalah', etc.

(7) cf. Kanah H'oh'ma (Fellman), chap. "Birkat Matzmiah' Keren Yehoshoua", p. 580 (éd. de 2012) et sources citées.