Rav Elikan
Divers
Divers16 mars 2026Questeur #200WhatsApp

Question

Y-a-t-il un inyan de ne pas avoir le même sandak pour deux enfants différents d'une même famille ? (Pas d'affilée)

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Un grand Mazal Tov pour la naissance !

Effectivement, le Rema écrit ¹ au nom du Maharil, ramenant cela au nom de Rabbenou Peretz :

> « Tout Sandak est considéré comme s'il offrait l'encens, c'est pourquoi la coutume est de ne pas confier la sandakaout pour deux enfants d'un même père au même Sandak, tout comme nous disons pour l'encens : "Que les nouveaux s'avancent pour l'encens" laissant la place à ceux qui ne l'ont pas encore offert. »

Certains sont pointilleux à ce sujet, d'autres le sont moins ².

Chacun fera selon son usage.

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¹ Sh. Ar. Y.D. 265, al. 11.

² Cf. resp. Noda BiYehouda (Mahadoura Kama, Y.D. §86) qui discute de la question et conclut que dans tout le pays de Pologne, on n'est pas pointilleux à ce sujet, et que dans de nombreux endroits, le rabbin attitré a toujours l'obligation d'être Sandak. "Ici aussi", dit-il, "dans notre communauté de Prague, tout le monde n'est pas strict là-dessus".

Dans les resp. H'atam Sofer (OH §158), il rejette les arguments du Noda BiYehouda et pour lui l'usage rapporté par le Rema nous oblige. Quant à l'argument selon lequel on donne la sandakaout au rabbin plusieurs fois dans une même famille, le H'atam Sofer le repousse en rappelant que la Guemara dit « Les nouveaux à l'encens », à l'exception du Grand Prêtre qui peut offrir sa part en premier ; ainsi, le rabbin est comparable au Grand Prêtre qui peut offrir l'encens de manière répétée. C'est également ce qu'écrivent l'Aroukh HaShoulh'an (Y.D. 265, 34) et le rav Moshé Sternbuch (resp. Teshouvot VeHanhagot, vol. I, §584).

Le Rav Rokeah' de Belz a expliqué que le rabbin de la ville est honoré de la sandakaout même plusieurs fois, la raison étant que toute l'abondance destinée aux fidèles vient du Ciel par l'intermédiaire de leur dirigeant, le rabbin, et c'est par lui et pour lui qu'ils sont bénis d'une grande abondance (Bikdoushato Shel Aharon vol. 1, p. 277).

Cependant, certains sont plus stricts à ce sujet. Le Rav Yaakov Kamenetsky a refusé d'accepter d'être Sandak deux fois dans une même famille, affirmant qu'il tenait cette tradition de la maison de son père. Il a raconté (Bimeh'itzat Rabbenou p. 219) qu'il était né le 20 Adar I, et que le jour de sa circoncision tombait pendant la fonte des neiges. La personne désignée pour être Sandak n'a pas pu arriver. Malgré cela, son grand-père a refusé d'accepter la sandakaout puisqu'il avait déjà servi de Sandak une fois dans cette famille, et ils l'ont confiée au maître d'école (melamed) de la ville.

Mais la grande majorité des décisionnaires ne sont pas pointilleux à ce sujet - cf resp. Yeh'avé Da'at vol. III, §77 et sources citées.

Ainsi, le H'azon Ish et le Steipeler avaient l'habitude d'accepter d'être sandak deux fois pour un même père d'enfant. Bien que le Rema ait écrit que la coutume est de ne pas le donner plusieurs fois, ils ont expliqué que cela s'adresse uniquement à celui qui donne (le père), pour qu'il ne le donne pas, mais pas au sandak (cf. Yad Shaoul, YD. §265 ; Ashkaveteih DeRabbi vol. II p. 165 ; Derekh Sih'a (Kaniewsky), vol. I, p. 63).

De manière similaire, le Rav Moshé Feinstein a fait valoir que selon le Rema, il ne s'agit pas d'une interdiction, puisqu'il s'agit d'un usage, et s'il y a un intérêt particulier à honorer la même personne deux fois, on peut le faire. C'est ainsi que l'on procédait en Europe, et le Rav Moshé Feinstein agissait lui-même ainsi, étant souvent Sandak pour plusieurs circoncisions (cf. Massoret Moshé, p. 316).

De manière similaire, le Rav Tzvi Yehouda Kook avait aussi l'habitude d'être sandak deux fois chez la même personne (cf. BeShipoulei HaGlima p. 86). Et le Rav Zalman Barouh' Melamed, de Beit-El, a honoré le rav Tzvi Yehouda Kook de la sandakaout à plusieurs reprises pour ses enfants.

Mon maître le rav Rabinovitch enseignait qu'il faut d'abord faire l'honneur à la famille, une fois un côté, puis l'autre, pour qu'il n'y ait pas de tensions ; et tout ce qui amène au consensus et à la paix au sein de la famille est préférable.