Rav Elikan
Fetes
Fetes12 octobre 2025Questeur #173WhatsApp

Question

Shavoua tov, Moadim Lessimha,

Kavod HaRav,

J’aimerais poser une question concernant Sim’hat Torah :

Dans un cadre strictement féminin (et tsniout) , sans hommes présents, est-il permis à des femmes de se réjouir en tenant ou en dansant avec un Séfer Torah ?

Je souhaiterais comprendre la position halakhique sur ce sujet, et s’il existe des conditions qui permettraient ou empêcheraient cette pratique.

Merci d’avance pour votre éclairage.

Réponse du Rav Shmuel Elikan

On ne trouve dans les sources aucun interdit empêchant une femme de tenir un Sefer Torah (rouleau de la Torah).

Au contraire, plusieurs sources montrent explicitement qu’il est permis aux femmes d’en tenir un :

- Le Rambam (1) et le Shoulh'an Arouh' (2) écrivent qu’il est permis à une femme en état de nidda (impureté menstruelle) de tenir un Sefer Torah et d’y lire - à noter qu'il ne s’agit pas ici, dans le cadre de leur discussion, d'une lecture publique, mais d’une lecture personnelle d’étude.

- Certes, il existe aussi des opinions qui interdisent cela à une femme en état de nidda (3), mais le fait même que toute la discussion des décisionnaires porte uniquement sur la femme en état de nidda montre qu’en principe, une femme peut tenir un Sefer Torah sans aucun problème.

- De plus, dans plusieurs endroits des textes des décisionnaires, il est mentionné que lorsqu’une femme doit prêter serment devant un tribunal rabbinique (Beit Din), elle tient un Sefer Torah ou pose sa main dessus, exactement comme le fait un homme lors d’un serment (4). Là encore, on voit clairement qu’il n’y a aucun problème pour une femme de tenir ou de toucher un Sefer Torah.

- Concernant certaines tâches techniques liées à la fabrication d’un Sefer Torah, comme la couture des parchemins, il existe des discussions parmi les décisionnaires pour savoir si cela peut être fait par des femmes. Certains l’autorisent, tandis que beaucoup l’interdisent (5). Mais même ceux qui interdisent ne le font pas à cause du contact avec le Sefer Torah, mais parce qu’ils considèrent ces tâches comme équivalentes à l’acte d’écriture du Sefer Torah, qui selon eux doit être accompli par un homme.

En conclusion, il n’existe fondamentalement aucun interdit pour une femme de tenir un Sefer Torah, et seules certaines opinions restreignent cela pendant la période de ses règles.

Sur ce point, il faut préciser que même ces opinions restrictives ne visent que les jours de saignement eux-mêmes, et non les jours suivants où la femme n’a pas encore procédé à l’immersion au mikvé (6).

Enfin, il convient d’ajouter que si une femme ou un homme tient un Sefer Torah il faut être vêtu de manière pudique, sinon cela constituerait une forme d’irrespect envers le Sefer Torah ; ainsi il serait impensable qu’un homme tienne un Sefer Torah sans kippa ou dans une tenue inconvenante etc.

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(1) Maïmonide, Hil. Sefer Torah 10, 8.

(2) Sh. Ar. Yoré Déa 282, 9.

(3) Cf. Rema OH 88, 1.

(4) Cf. resp. Shevout Yaakov au nom de Mahari Weil, §32 ; Leket Yosher YD p. 30 ; Sh. Ar. HM 87, 15 ; Arouh' HaShoulh'an HM 87, 17, etc.

(5) cf. par exemple resp. Yabia Omer (Yossef) vol. IX, YD §18 ; Yalkout Yossef, Dinim le-isha ou-labat IV, 9.

(6) voir les propos du Rema, rapportés plus haut en n. 3.