Question
Même question pour la berakka du Gomel svp
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Pour ceux qui ont l'usage de dire haGomel après tout voyage (1), la distance est la même que ce qui est indiqué plus haut pour Tefilat HaDereh' (parsa) et ce qui s'ensuit.
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(1) Certains disent qu'on ne récite pas la bénédiction "HaGomel" pour un voyage d'une ville à une autre, car la bénédiction a été instituée spécifiquement pour les voyages dans le désert et la mer, où il y a des dangers d'animaux sauvages et de brigands, et ces dangers n'existent pas sur les routes entre les villes.
Cependant, il est dit dans le Talmud de Jérusalem (Berah'ot chap. 4, hal. 4) : "Toutes les routes sont présumées dangereuses". Mais beaucoup comprennent que cela concerne la prière du chemin (Tfilat HaDereh'), et c'est ainsi que la coutume en Allemagne et en France s'est déterminée et répandue (selon les témoignages des Tossafot RYd, du Rosh, du Tour, etc.).
D'autres disent que l'institution de la bénédiction "HaGomel" inclut tous ceux qui voyagent, et les sages ont mentionné "les voyageurs dans le désert" parce que c'est ainsi que l'expression apparaît dans le verset (c'est notamment les opinions du Ramban et du Méïri de Perpignan).
Cela semble aussi être l'avis du Rambam (hil. Tefila ouBerah'ot, chap. 10, hal. 8), qui a modifié le langage du Talmud de "ceux qui traversent le désert" (holh'ei midbariot) à "ceux qui voyagent" (holh'im).
Aboudraham (Berah'ot, Shaar Shemini) et Orh'ot H'ayim (Sheni vaH'amishi, §24) ont écrit que telle est la coutume en Espagne.
Le Shoulh'an Arou'h (OH 219,7) rapporte les deux coutumes.
Cependant dans son Beth Yossef (id.), le rav Karo écrit que de la même manière qu'on ne récite pas la prière du chemin ("Tefilat Haderekh") pour un trajet de moins d'une parsa, on ne récite pas la bénédiction "Hagomel" pour un trajet de moins d'une parsa.
Ainsi, du fait de ses propos, beaucoup ont pour usage que pour tout voyage de plus d'une parsa, même entre deux villes, de réciter la bénédiction "Hagomel". Cet avis est également retenu par le Maamar Mordeh'ai (OH, id. s.k. 1) et Rabbi Avraham Azoulay (grand père du grand-père du H'ida).
Cependant, le rav Benbenisti dans son Kenesset HaGedola écrit que si le trajet est court, c'est-à-dire "un voyage qui peut être effectué et terminé dans la même journée ou moins", la coutume s'est répandue partout de ne pas réciter "Hagomel".
Et bien qu'il ait initialement rejeté cette coutume, il explique finalement que la raison pour laquelle certains récitent "Hagomel" pour tout voyage, même entre deux villes, est uniquement dans des situations "semblables aux voyageurs dans le désert, où l'endroit est éloigné et comporte un danger". Toutefois, selon lui, pour un court trajet, même s'il est plus long qu'une parsa, on ne récite pas la bénédiction. Cette coutume a été citée par de nombreux auteurs (H'ida dans son livre Ledavid Emet, §23, al. 9 ; Birkat Avraham §65, al. 13 ; resp. Beit Oved §19 ; Kaf HaH'ayim (Sofer), sur Sh. Ar. cité plus haut, ad loc.).
Selon cette coutume, on ne récite pas la bénédiction "Hagomel" pour un voyage ordinaire entre deux villes qui dure plus de 72 minutes.
Cependant, plusieurs auteurs contemporains ont écrit qu'en pratique, on peut réciter "Hagomel" pour tout voyage qui dure plus de 72 minutes ; l'argument est la suivant : en plus de l'avis du Beit Yossef et de ceux qui le suivent, qui ne font pas de distinction entre un voyage court ou long, il existe aujourd'hui un danger supplémentaire de collisions automobiles (accidents). Par conséquent, selon eux, il convient de revenir à l'avis du Beit Yossef et de réciter la bénédiction pour tout voyage de plus de 72 minutes (cf. resp. Yabia Omer (Yossef), vol. I, OH 13 ; Birkat HaShem (Lévy), vol. IV, chap. 6, al. 67).
Certains ajoutent encore que même le rav Benbenisti dans son Kenesset HaGedola a fait ses remarques pour expliquer la coutume, mais sur le fond, il serait d'accord que la loi de base suivrait l'avis du Beit Yossef (resp. Sho'el VeNish'al vol. III, §180).
En outre, comme dit, de nombreux auteurs contemporains disent que cette bénédiction n'a jamais été instituée pour les voyages ordinaires.
Par conséquent, selon eux, on ne la réciterait pas pour les trajets habituels de notre époque, même s'ils sont longs, car il y a de nombreux véhicules sur les routes et il n'y a pas de danger d'animaux sauvages ou de brigands. Il ne faut donc pas considérer nos routes comme dangereuses.
En outre, le seul danger de collisions routières ne justifie pas de réciter cette bénédiction, car même celui qui voyage pendant plus de 72 minutes dans une ville entre dans ce danger, et il est évident qu'il ne récite pas "Hagomel" (cf. resp. Or LeTzion (Abba Shaoul), vol. II chap. 14, §42 ; resp. Olat Yitzhak (Ratzabi), vol. II, §80 ; Rav H'ayim David HaLévy dans son "Mekor H'ayim" chap. 94, al. 3).
L'Olat Yitzhak (Ratzabi) ajoute que "les Sages et les décisionnaires ne parlaient que d'événements exceptionnels en fonction des circonstances de leur époque, mais pas des choses habituelles et banales".