Question
Bonjour Rav. Quelle est l'incidence halakhique ou autre de la division de la Torah en 5 parties ?
Merci beaucoup et chabat chalom
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Il existe plusieurs lois concernant la sainteté du H'oumash, qui le considèrent comme une entité à part entière.
Ainsi :
1. il est permis d'écrire chaque H’oumash séparément (1), et bien que l'on ne doive pas écrire la Torah rouleau par rouleau, sauf si l'intention est de la compléter, cela ne s'applique qu'à une partie incomplète, mais un livre complet comme un H’oumash est une unité en soi (2).
2. De plus, on ne doit pas écrire deux H’oumashim ensemble, ni un H’oumash et demi. Il y a cependant une différence entre la sainteté d'un Sefer Torah complet et celle d'un H’oumash : le Sefer Torah complet est plus saint qu'un H’oumash. Par conséquent, il est permis de placer un Sefer Torah sur des H’oumashim, mais on ne place pas des H’oumashim sur un Sefer Torah (3). De même, on enroule un Sefer Torah dans des couvertures de H’oumashim, mais pas des H’oumashim dans une couverture de Sefer Torah.
3. Si des H’oumashim sont vendus, on achète avec leur valeur un Sefer Torah, mais si un Sefer Torah est vendu, on n'achète pas des H’oumashim avec son prix. Cependant, le Yerushalmi déclare (4) que la Torah et les H’oumashim ont la même sainteté. Par conséquent, il est permis d'enrouler des H’oumashim dans des couvertures de Torah et de placer des H’oumashim sur un Sefer Torah. Certains Rishonim ont écrit que des H’oumashim faits comme des rouleaux de Sefer Torah ont le même statut que des Sifrei Torah à tous égards, sauf pour la lecture publique (5). Des Ah'aronim (6) ont également écrit que, selon cette opinion, un Sefer Torah a toujours une supériorité sur les H’oumashim, car il est utilisé pour la lecture publique. De plus, on accomplit la mitzvah d'écrire un Sefer Torah avec lui, ce qui n'est pas le cas avec des H'oumashim.
4. On ne transforme pas un Sefer Torah en H’oumashim – on ne divise pas un Sefer Torah complet en H’oumashim (7), car on ne diminue pas de la sainteté plus élevée à la sainteté inférieure (8). Même ceux qui pensent que la sainteté d'un Sefer Torah et celle des H’oumashim sont équivalentes interdisent de transformer un Sefer Torah en H’oumashim, car cela serait dégradant (9).
5. Cependant, on peut transformer des H’oumashim en Torah, c’est-à-dire que si quelqu'un possède cinq H’oumashim écrits séparément, il est permis de les coudre ensemble pour en faire un Sefer Torah complet (10) à condition que leurs tailles et leurs lignes soient égales, sans qu'une marge soit plus grande que l'autre, ni qu'il y ait des lignes longues dans l'un et courtes dans l'autre (11).
6. Il y a encore plusieurs aspects où la sainteté des H’oumashim est traitée comme celle d'un Sefer Torah - Utilisation près du lit : les Rishonim ont écrit qu'il est strict de faire une séparation devant les H’oumashim, comme pour un Sefer Torah (12) s'ils sont constitués sous forme de rouleau (13).
7. Pour ceux qui pensent qu'un enfant tenant un Sefer Torah compte pour le _minyan_ (14), les Rishonim ont également écrit que si un H’oumash est fait en rouleau comme un Sefer Torah, il compte également (15).
8. Une boîte contenant un H’oumash : Elle a le statut de contenant d'objets saints, tout comme une boîte contenant un Sefer Torah (16).
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(1) Rambam, Hil. Sefer Torah chap. 7, hal. 14; Tour et Sh. Ar. Yoreh De'ah 283,1 et comm.
(2) Beit Yosef, Yoreh De'ah §283.
(3) Meguila 27a; Rambam, Hil. Sefer Torah, chap. 10, hal. 5.
(4) cf. Talmud Yeroushalmi Meguila chap. 3, hal. 1, selon Korban HaEdah ad loc. Cf. cependant ce qu’écrit le Pnei Moshe.
(5) Resp. Rashba, vol. I, §144, cité dans Beit Yosef, Yoreh De'ah 283.
(6) Resp. H’atam Sofer, vol. II (YD), §279.
(7) Nachalat Yaakov sur Mass. Sofrim chap. 3, hal. 3.
(8) Tractate Sofrim 3:3.
(9) Talmud Yeroushalmi Meguila chap. 3, hal. 1.
(10) cf. Talmud Yeroushalmi ibid. et Mass. Sofrim chap. 3, 3.
(11) cf. Nah’alat Yaakov, ibid.
(12) cf. Toss. Berah’ot 26a, s.v. "Sefer Torah"; BY et Sh. Ar. OH 240,6 et comm.
(13) cf. Beit Yosef, ibid.
(14) cf. Talmud Yeroushalmi Berah’ot chap. 7, hal. 2.
(15) cf. Toss. Berah’ot 48a, s.v. "veleit".
(16) TB Meguila 26b et Rashi ad loc.