Question
Shalom Harav
A t on d'autres sources complementaires au minag de Yom Simhat Cohanim qu'on voit dans Yoma chapitre 7, Michna 4.
Seuls les cohanim dans leur tfila du jour (lendemain de kipour) lisent le tehilim 85, ou tous le tsibour ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Il s'agit d'un usage propre à l'Afrique du Nord (1).
D'après ce que j'ai vu dans les livres, tout le monde dit alors le Psaume 85 institué dans la prière - Lamenatzeah' livnei Korah' Mizmor, ratzita H'..." (2).
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(1) "Le jour de la joie du prêtre" (dans le judaïsme de Djerba et du Maroc) ou "le jour de la joie des prêtres" (dans le judaïsme de Libye) est une réjouissance populaire observée dans la tradition des communautés juives d’Afrique du Nord, célébrée le 11 Tichri, au lendemain de Yom Kippour.
Comme vous le relevez, dans la Mishna, Yoma (chap. 7, mishna 4), les Sages décrivent l’usage du grand prêtre à la fin du service de Yom Kippour :
> « Et il faisait un jour de fête pour ses proches, à l’instant où il sortait en paix du Saint [des Saints] ».
La célébration du Jour de la joie du prêtre dans certaines communautés d’Israël repose sur l’interprétation qui prend l’expression « jour de fête » au sens littéral : une journée entière vécue comme une fête. En souvenir de la fête organisée par le grand prêtre, les Cohanim (descendants de la lignée sacerdotale) en Afrique du Nord avaient coutume de ne pas travailler le lendemain de Yom Kippour. Ils organisaient des banquets, des réjouissances et recevaient de nombreux amis, chacun selon ses moyens économiques - cf. rav Raphaël Zarouk, Tableau des lois et coutumes des communautés originaires de Libye, p. 43, éd. Ginzei Rafael Institute, Bat-Yam, 2008 ; Siddour Avoteinou, Yom Kippour, p. 757 ; Alei Hadas, chap. 9, al. 32. Au sein de la famille Cohen-Skalli, dans la ville sacerdotale de Debdou et au-delà, ce jour était également appelé « Yom al-Ghufrân » (jour du pardon - cf. à ce propos Élie Marciano, Debdou, la ville des prêtres, chap. 10. À Djerba, elle aussi ville de Cohanim, on avait coutume de préparer dès la veille de Kippour un plat d’aubergines appelé Braniya - cf. Boaz Haddad, Le Livre de Djerba juive Jérusalem, 1977, p. 107. Le voyageur juif du XIXe siècle, Yaakov Sappir, rapporte que les juifs d’Inde marquaient ce jour par une fête appelée « Shilo San », et que certaines familles de Bombay y pratiquaient des visites de courtoisie réciproques - cf. N. Bar-Giora, « Coutumes de fête chez les “Bene Israël” en Inde », Mah'anayim, n°23, veille de Rosh Hashana 1954, pp. 41–42. Le rabbin Eliyahu Birnbaum témoigne d’une coutume semblable chez les juifs de Cochin [cf. son livre "Yehoudi Olami", chap. « Inde – Cochin »]. Une coutume analogue au Jour de la joie du prêtre, reposant sur la même source, est celle des chantres (Hazanim) de Ros Hachana et de Yom Kippour, qui avaient pour usage de célébrer une sorte de Isrou H'ag au lendemain de Yom Kippour, en organisant un festin et une fête. Cette coutume est mentionnée dans le Livre des coutumes de la communauté de Worms, rédigé par le bedeau R. Yozpa Shamash. Il précise que la caisse communautaire participait au financement de ces banquets -Minhaguim de la sainte communauté de Worms par R. Yozpa Shamash, 1ʳᵉ partie, Jérusalem :Mah'on Yeroushalayim, 1988, p. 302, « Minhag Isrou Hag », §161. Chez les Ashkénazes, ce jour était appelé : « In Got’s Nomen » (au nom de Dieu), « Tsu Got’s Nomen », etc., pour marquer le fait que l’on recommençait à dire dans la prière « HaEl HaKadosh » (Dieu Saint) après les Dix Jours de pénitence, période durant laquelle la bénédiction se concluait par « HaMelekh HaKadosh » (le Roi Saint) - Taamei HaMinhagim ouMekorei HaDinim, p. 352 § 988 ; Yalkout Minhagei Ashkenaz, p. 33 ; cités chez le rav Avraham Shalom Shaki, Heikhal Avodat HaShem : Les rites sacrés d’Israël selon ses tribus, Bnei Brak, 1986, p. 237. Voir aussi Likouté Moharan, II, Torah 66 : « Et c’est pour cela que l’on appelle dans le monde le lendemain de Yom Kippour ‘Shem Hachem’… ».
(2) Siddour Avoteinou pour les jours de l'année, p. 236 ; Atérèt Avot, chap. 17, al. 68, p. 134 ; Mah'zor Avoteinou et Alei Hadas cités en n. 1.