Rav Elikan
Fetes
Fetes4 octobre 2022Questeur #68WhatsApp

Question

Chalom Rav, j’arrive au terme de ma grossesse. J’habite en Israël. Si jamais je devais accoucher le jour de Kippour:

-Ai-je le droit d’ajouter dans le sac de nourriture que je prépare pour les enfants lorsqu’ils sont à la synagogue mon téléphone en mode silencieux au cas où j’ai besoin de me rendre à l’hôpital pendant que je suis à la synagogue?

-Si je suis à la maison, ai-je le droit de prendre dans l’ambulance un sac préparé avant la fête et contenant le nécessaire pour mon séjour à la maternité?

-Ai-je le droit de prendre mon téléphone avec moi afin de pouvoir joindre mon mari à la sortie de Kippour?

-Si je suis à la maison avec les enfants lorsque le travail commence, ai-je le droit de demander au chauffeur de l’ambulance de faire un détour par la synagogue pour y déposer les enfants auprès de mon mari?

Merci d’avance et Gmah hatima tova!

Réponse du Rav Shmuel Elikan

Besha'a tova oumoutzlah'at !

1. Oui, dans ce cas on peut mettre le téléphone portable dans le sac des enfants (1).

2. Oui, on peut prendre dans l'ambulance un sac préparé avant Yom-Kippour (ou shabbat) contenant le nécessaire à avoir avec nous à l'hôpital (2).

3. Oui, on peut prendre le téléphone avec en le mettant dans une poche ou un sac (3).

4. Oui, vous pouvez, bien entendu, parce que sans cela vous risqueriez de ne pas être apaisée pour l'accouchement et, depuis la mishna, il a été fixé que l'on transgresse shabbat (et yom kippour) pour qu'une femme qui accouche soit apaisée (yishouv hadaat) (4).

5. A noter que pour de nombreux décisionnaires, étant donné que de nos jours nous savons de manière certaine qu'être dans un état de jeûne peut provoquer le travail, ce que le rav dr. Halpérin appelle "l'effet Yom-Kippour" (5), une femme même arrivée à terme a le droit de boire leshiourim c'est-à-dire de boire, dès le début du jeûne, ou au moins dès la matinée, en petite quantité (6).

Si le travail commence, ou qu'il y a perte des eaux ou saignement - on doit boire sans limites (7).

Par ailleurs, si alors la boisson ne suffit pas, il sera permis de manger; toutefois, il est préférable dans ces cas où il est permis de boire, de consommer une boisson nourrissante, sucrée, tel du jus naturel ou du lait par exemple (8).

Leida kala et bonne santé à toute la famille.

Gmar h'atima tova.

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(1) cf. resp. BeMareh HaBazak, vol. VII, §39 et sources citées.

(2) cf. Torat HaYoledet, chap. 14, al. 3 et chap. 16, n. 4 (pp. 134 et suiv.) ; certains permettent même d'y insérer des choses "mouktzeh" qui nous seront nécessaires à la fin de yom kippour/shabbat, comme un téléphone, de l'argent, etc. puisqu'on porte le sac qui contient surtout des éléments importants qui ne sont pas mouktzeh, ainsi le "mouktzeh" "s'annulerait" - cf. resp. Shevet HaLévy (Wozner), vol. VIII, §52 et RSZ Auerbach tel que rapporté dans Shoulh'an Shelomo, OH 310, chap. 23, al. 3 et Orh'ot Shabat, chap. 19, n. 414.

(3) cf. n. 1 et 2 ci-dessus.

(4) cf. resp. BeMareh HaBazak, vol. III, §124 et sources citées.

(5) cf. Rav Dr. Mordeh'ai Halpérin, revue Assia n°57-58 (Kislev 1997), p. 58-61 et les données qu'il rapporte ainsi que sa conclusion halah'ique que dans le neuvième mois de la grosses, il faut boire a priori leshiourim.

(6) C'est également l'avis du rav N. E. Rabinovitch (resp. Siah' Nah'oum, §36), du rav Epstein (resp. H'evel Nah'alato, vol. IX, §16) etc.

(7) C'est l'avis du rav Neuwirth, tel que rapporté par le rav prof. Avraham Sofer dans la revue Assia, n°53-54

(8) Bien qu’on puisse aussi boire de l'eau aussi, évidemment. Cf. resp. Yabia Omer vol. II, OH §31; et l’opinion du Rav Sh. Z. Auerbach rapportée dans Nishmat Avraham (Sofer) OH 612, s.k. 1.

Les quantités permises

La mesure de la boisson est, a priori, personnelle. Pour la mesurer on remplira toute la bouche, avant l’entrée du jeûne avec de l’eau - la moitié de cette quantité est considérée comme “boisson leshiourim”.

Quiconque n’a pas effectué cette vérification et mesure prendra la mesure “moyenne”, soit 40 cm3.

Il existe plusieurs avis sur le temps à attendre entre une gorgée et une autre:

i. Selon certains 9 minutes (Mishna Beroura OH 618, s.k. 21 selon le H'atam Sofer).

ii. Selon d’autres 6 minutes (Arouh' HaShoulh'an OH 618,14).

iii. Selon d’aucuns 4 minutes (cf. Shiourei Torah, p. 203-204).

iv. En cas de besoin, certains préconisent 2 minutes (resp. H’atam Sofer vol. VI, §23).

v. Et d’autres ½ minute, soit 30 secondes (c'est l’avis du Rav Rabinovitch basé sur le Rambam qui parle du temps de boire une “revi'it”, soit une gorgée, ce qui correspond en moyenne à 30 secondes environ).

Pour la nourriture (solide, à manger) - la mesure maximum à consommer est de 30 cm3, ce qui correspond généralement à 30 grammes, toutes les 9 minutes.

A noter encore que lorsqu'on mange “leshiourim”, on récite la bénédiction avant la consommation, mais pas après. Selon la halah'a, même si on boit (ou mange) leshiourim on ne considère pas, à Kippour, que le jeûne a été “cassé”, par ailleurs, si l’on n’a pas besoin de manger, on se contentera de boire.