Question
A t’on le droit de faire le gomel pour sa Femme s’il vous plait ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Il y a sur qui s'appuyer pour permettre surtout si elle est présente lors de la bénédiction (1).
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(1) Bien que l’obligation de réciter la bénédiction de Hagomel s'applique aussi bien aux hommes qu'aux femmes, au fil des générations s’est répandue la coutume selon laquelle les femmes ne récitent pas cette bénédiction.
Certains ont expliqué cela par des raisons de pudeur, les femmes n'ayant pas l'habitude de bénir en présence de dix hommes (cf. Mishnah Berurah 219, s.k. 3).
D'autres ont suggéré qu'il s'agit peut-être d'une bénédiction facultative (Magen Avraham, introduction à OH 219).
D'autres encore disent que, puisque le texte inclut « לחייבים » (ceux qui sont redevables), il s'agit d'une sanction pour une certaine faute, et que la femme n'est punie que pour les fautes de son mari ; par conséquent, il est plus approprié que ce soit lui qui bénisse pour elle (Eliyah Rabbah 219:12).
Cependant, la plupart des ah'aronim ont écrit qu’il s’agit d’une erreur et que la femme doit réciter la bénédiction d'Hagomel.
Pour préserver la pudeur, si elle veut, elle peut la réciter depuis la galerie des femmes (Kenesset HaGedolah et H'ida dans Birkei Yossef OH 219, s.k. 2, Hayei Adam klal 65, al. 6, Gra"z, Seder Birkot HaNehenin chapitre 13, al. 3, Siddour Yaavetz ; Ben Ish Hai, par. Ekev, al. 5 ; Kaf HaH'ayim (Sofer) OH 219, s.k. 3, resp. Yabia Omer (Yossef), YD vol. IV, §15, resp. Tzitz Eliezer (Waldenberg) vol. XIX, §53).
Dans le traité Berakhot 54b, il est néanmoins rapporté :
> « Rav Yehouda tomba malade et guérit. Rav H'ana de Baghdad et les Sages vinrent le voir et dirent : ‘Béni soit le Miséricordieux qui t’a donné à nous et ne t’a pas donné à la terre’. Il leur répondit : ‘Vous m’avez exempté de la bénédiction’. Or, Abaye a dit : Il doit bénir en présence de dix ! – Mais il y avait dix personnes présentes. – Cependant, lui-même n’a pas prononcé la bénédiction ! – Ce n’était pas nécessaire, car il a répondu ‘Amen’ après eux ».
Les disciples de Rabbénou Yona (Berakhot 43a dans les feuillets de Rif) écrivent que si dix personnes sont présentes et que celui qui doit réciter la bénédiction répond ‘Amen’, il en est dispensé. Mais, en l'absence de dix personnes, il ne satisfait pas à son obligation. Cependant, il est permis aux autres de réciter cette bénédiction de louange même sans dix personnes, car pour eux, il s’agit d’une bénédiction facultative.
C’est aussi l'avis du Ritva et il semble que le Riaz et d’autres décisionnaires partagent cette position.
Le Tour (OH 219, 4) ajoute :
> « Ce n’est pas considéré comme une bénédiction vaine, puisqu’ils expriment simplement leur louange au Créateur pour la bienveillance qu'Il leur accorde ».
Cette opinion est reprise par le Sh. Ar. et le Rema (OH 219,4).
L'histoire de Rav Yehouda est rapportée pour enseigner que même ses disciples peuvent bénir, même en l’absence de dix personnes.
De plus, il en ressort que la personne sauvée peut être dispensée de la bénédiction si elle répond "Amen".
Le Gra"z (Seder Birkot HaNehenin chap. 13, al. 4) précise que l'on peut bénir seulement si l'on est joyeux de sa délivrance.
Pour qui est-il permis de réciter Hagomel ?
Selon le Beit Yossef (OH 219, s.k. 4-5), tout individu ayant bénéficié d’une délivrance peut bénir pour autrui. Cependant, d’après le Rachba, Rav Hana et les Sages n'ont béni pour Rav Yehouda que parce qu’il était leur maître, ce qui implique qu’il n’est pas permis de réciter cette bénédiction pour quelqu'un d’autre, même proche comme un fils, sauf pour un père ou un maître.
Certains décisionnaires, en revanche, pensent qu’on peut réciter cette bénédiction de gratitude pour tout proche ou ami. D’autres autorisent le père à réciter Hagomel pour son fils, ou, comme ici l'époux pour sa femme.
Si elle est présente et répond ‘Amen’, elle satisfait à son obligation (c'est l'opinion du Eliyah Rabbah, du Maharsham dans son Da'at Torah, du Petah' HaDvir, du Sdei H'emed, etc.).
Une autre question concerne la possibilité de bénir même en l’absence de la personne pour qui on bénit. Selon le Mor ouKtzia, on ne peut bénir que si cette personne est présente - sauf pour une épouse très chère, qui est comme son propre corps.
Eliah Rabbah (OH 219, s.k. 5) écrit cependant à propos d’un mari qui bénit pour sa femme, qu'il ne peut le faire qu’en sa présence.