Rav Elikan
Priere
Priere15 mai 2025Questeur #183WhatsApp

Question

Shalom Harav,

Si dans le minyan dans lequel je prie, j'entends le kadish pendant que je lis des tehilim de la tefila, ou aleinou leshabeah ou que je me trouve à d'autres endroits dans lesquels je sais qu'il est permis de répondre au kadish (aux cinq premiers amen ou au kadish en entier, selon les endroits), ai-je le droit de continuer à dire ce que je dis, et, tout en continuant à dire ce que je dis, de m'arrêter une seconde juste pour répondre à chaque "amen" (mais entre les différents "amen", je continue à dire ce que je dis et écoute en même temps d'une oreille le kadish et m'arrête juste pour répondre amen) ? Ou bien dois-je m'arrêter complètement, me taire tout le long du kadish, et écouter et répondre au kadish ? Je fais ça dans les minyanim qui vont vite pour ne pas perdre trop de temps et ne pas être en retard.

Réponse du Rav Shmuel Elikan

S'il y a dix personnes qui écoutent le kaddish on peut continuer, sinon, il vaut mieux s'arrêter et l'écouter (1).

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(1) D'après une lecture simple des sources, il apparaît que, non seulement il est obligatoire de répondre au Kaddish, mais aussi de l'écouter en entier de la bouche de l'officiant (cf. p. ex. Mishna Beroura OH 56, s.k. 1). Dès lors, il semblerait qu’il faille s’interrompre de ce qu’on est en train de dire et écouter. Même dans les Pessoukei Dezimra, où l’on ne doit répondre qu’aux parties principales du Kaddish, il faut néanmoins entendre le contenu auquel on répond 'Amen'.

D’un autre côté, parfois, lorsque le fidèle est en retard par rapport à l'officiant, le Kaddish est une « opportunité » pour rattraper un peu et parvenir à prier en même temps que lui.

Cela est particulièrement important pour les parties précédant la Amida, car l’essentiel de la prière en communauté est de commencer ensemble la Amida.

Il semblerait d’ailleurs que ce soit l'usage courant : les gens complètent ce qu’ils n’ont pas eu le temps de dire même pendant le Kaddish, et ne s’interrompent que pour répondre aux parties dites par l’assemblée.

Il semble donc qu’on peut justifier cette pratique ainsi : en réalité, on aurait pu dispenser quiconque prie de répondre au Kaddish, en s’appuyant sur la règle selon laquelle "quiconque est occupé par un commandement est exempté d'un autre commandement". Certains disent en effet que, dans ce cas, la réponse au Kaddish serait facultative et non obligatoire ; d’autres affirment qu’elle reste obligatoire, pour ne pas paraître se séparer de la communauté ou donner l’impression, à Dieu ne plaise, que l’on est en désaccord avec le contenu du Kaddish (cf. Torat HaH'aïm OH 66, s.k. 8). Ces deux avis sont rapportés dans les Responsa Tzitz Eliezer (vol. XI, §3), et à la lumière de la seconde opinion, il y est établi que, dans des cas de minyanim proches comme dans un shtiblach ou au Kotel, il suffit de répondre aux Kaddishim dits dans son propre minyan, car on ne donne pas l’impression de se détacher de la communauté. C’est aussi l’avis du Rav Shlomo Zalman Auerbach (Halih'ot Shlomo, chap. 6, alinéa 12, et autres sources citées dans Notrei Amen, vol. II, p. 162).

Sur la base de ces propos, on pourrait dire que dans notre cas aussi, le second raisonnement impose de répondre au Kaddish pour ne pas paraître se détacher de la communauté, mais n’impose pas d’écouter attentivement, puisque l’on est déjà occupé par une mitzva.

Cela dit, comme le Kaddish doit être récité en présence d’un minyan, il faut qu’au moins neuf personnes écoutent l'officiant et répondent. Par conséquent, s’il n’y a que dix personnes dans la synagogue, tous sont tenus d’écouter le Kaddish, et pas seulement d’y répondre. Mais s’il y a déjà dix personnes en dehors de nous, et qu'on est en train d’accomplir une mitsva (comme réciter des parties de la prière), et qu’il nous est difficile de nous interrompre (soit pour rattraper l'officiant, soit parce qu'on est pressé pour une raison quelconque), il suffit de répondre aux parties obligatoires sans écouter tout le Kaddish avec attention. Cela est particulièrement vrai pour les Kaddishim dits après le shir shel Yom, Pitoum haKetoret ou Alénou leShabéa’h, qui sont des ajouts non-obligatoires.