Question
Bonjour,
Quel est le but du bitoul d'après la bedika, vu qu'on garde du hametz et qu'on fait à nouveau un bitoul lorsqu'on n'en a plus ?
Dans le cas de cette année, pourquoi faire un bitoul le vendredi, si on le fait à nouveau Chabat ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Ceux qui disent de le faire, disent que c'est pour ne pas se tromper avec les autres années (1), mais il est vrai qu'halah'iquement parlant, ce n'est pas nécessaire. D'ailleurs de nombreux décisionnaires n'astreignent pas de le dire à ce moment et ce qu'on dit Shabbat matin suffit (2).
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(1) En effet, la recherche du h'ametz étant avancée à la nuit du 13 nissan, c’est-à-dire le jeudi soir (veille du vendredi), car on ne peut pas faire la bedika à la lumière d’une bougie le vendredi soir, veille de Shabbat (cf. Sh. Ar. OH 433,1 et Mishna Beroura ad loc. ; voir aussi responsa Meshiv Devarim §75, sur la base de Sh. Ar. 435,1, selon lequel celui qui n’a pas fait la recherche jeudi soir doit la faire vendredi, avec bénédiction).
Mis à part ce changement dans le moment de la bedika, toutes les autres règles restent identiques à celles des années ordinaires - cf. Nit'ei Gabriel (Zinner), Erev Pessah' Sheh'al Bé-Shabbat, chap. 3, §4.
(2) Après la bedika, on procède à l’annulation du h'ametz inconnu, c’est-à-dire celui qu’on ne prévoit ni de manger ni de brûler, comme on le fait les autres années (cf. Mishna Beroura 433, s.k. 1). Le h'ametz que l'on garde à la maison pour le vendredi et les repas de Shabbat doit être mis de côté dans un endroit protégé, hors de portée des jeunes enfants, afin qu’ils ne le dispersent pas, ce qui obligerait à refaire une nouvelle bedika (cf. Sh. Ar. OH 434,1 et Mishna Beroura ad loc. et OH 433, s.k. 3).
D'ailleurs, la destruction du h'ametz est avancée au vendredi matin (13 nissan), sauf pour le h'ametz que l’on garde pour le vendredi et pour les repas de Shabbat, qu'on ne détruit pas (cf. Sh. Ar. OH 444,1, Kaf HaH'ayim (Sofer) ad loc. s.k. 20 ; voir aussi Haggadah Ta'am VeDa'at du Rav M. Sternbuch, éd. 2001, p. 126 et 134 qui soutient que ceux qui ont l’habitude de dire le "Yehi ratson" imprimé dans les Haggadot après le biour diront ce passage deux fois : une fois vendredi après la destruction, et une fois Shabbat après la destruction du reste du h'ametz), et on peut se demander pourquoi.
Ce n'est pas parce que la destruction est interdite le Shabbat, en effet, on peut détruire le h'ametz par tous les moyens, par exemple en le mangeant (Ba'al HaMaor) ou en le jetant dans les toilettes ("meforère vezoreh laRouah'" - Tossfot, Ra'avad, etc.), ce qui est permis pendant Shabbat, mais parce qu’il est interdit de se livrer à des efforts inutiles le Shabbat ; or, comme on peut le faire avant, ce serait une peine inutile (cf. BaH' OH 444,1, s.v. Ela déhaBeit Yossef). En principe, on pourrait brûler le h'amets à toute heure du vendredi, car l’interdiction d’en posséder ne commence que le Chabbat matin. Mais il est préférable de le brûler avant le début de la sixième heure, pour éviter que certains croient qu’il est toujours permis, même les années ordinaires, de brûler le h’amets toute la journée de la veille de Pessah' (cf. Shoulh’an Arouh' OH 444,2, Mishna Beroura ad loc.). C'est pour cette même raison que certains disent alors le "bitoul" (lo ploug), surtout s'ils n'ont aucun h'ametz chez eux (par exemple dans un hôtel ou s'il y a des repas de shabbat communautaires ou sont invités).
Mais effectivement, bien qu'habituellement, on annule à nouveau le h'ametz après sa destruction, de peur qu’il reste quelque part du h'ametz non inclus dans l'annulation faite après la bedika (par exemple le h'ametz gardé pour le petit-déjeuner). Mais lorsque la veille de Pessah' tombe un Shabbat, beaucoup écrivent qu'on ne fait pas cette annulation vendredi, dans la mesure où l'on compte encore manger du h'ametz durant Shabbat ; on fera donc l’annulation le Shabbat matin, juste après l'avoir détruit (cf. Rema OH 444,2 ; Sh. Ar. 444,6 et Mishna Beroura ad loc.).