Question
Shalom ouvrakha rav oumoa'dim lesim'ha
Un 'hazan qui prie dans un office où l'on commence la 'hazarat hashatz dès qu'il y a 10 personnes qui ont terminé la tefila, mais dont le père n'a pas encore terminé de prier peut-il commencer la 'hazara?
En d'autres termes, y a-t-il une notion de kiboud av à attendre son père pour commencer la 'hazara, et cela passe-t-il avant tir'ha detsibura ?
Merci !
Réponse du Rav Shmuel Elikan
A priori, si notre père est une personne respectée dans la communauté (et surtout s'il est érudit), il y a lieu de l'attendre mais à condition que cela ne crée aucune tension ou ne dérange l'assemblée (1). S'il y a tirh'a deTziboura - il vaut mieux ne pas l'attendre.
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(1) Dans le She'arei Teshouva (OH 102) il est écrit :
> « Il semble qu'une personne distinguée qui se tient en prière, et que l'officiant (le shaliah' tzibbour) attend pour réciter le Kaddish, si cette personne n'est pas satisfaite qu'on l'attende par crainte de déranger l'assemblée (tir'ha deTsibboura), et que cette pensée la perturbe dans sa prière, il lui est permis de faire un signe à l'officiant pour qu'il prie normalement et ne l'attende pas. Cela est considéré au même titre qu'un enfant qui joue et qui le dérangerait. »
Et il y a une raison au fait d'attendre le Rabbin, afin que la prière ne soit pas trop précipitée, comme l'explique le Eliya Rabba (OH 124) :
> « Et de nos jours, on attend le Rabbin de la ville. Il semble que la raison soit d'éviter que les fidèles ne prient trop vite, car ils se diront : "De toute façon, nous devons attendre". Et plus encore, le Maguen Avraham a écrit que même s'il n'y a pas de Rabbin dans la ville, il faut attendre celui qui prie mot à mot. J'ai également vu dans le Knesset Haguedola, au chapitre 90, concernant la loi du paragraphe suivant selon laquelle il ne faut pas attendre s'il y a déjà un Minyan, voici ses termes : "Et la coutume aujourd'hui est d'attendre le Sage de la communauté et tous les grands de la communauté, et cela ne constitue pas un dérangement pour le public car ils renoncent à leur honneur", fin de citation. Néanmoins, il semble que le Rabbin ne doive pas prolonger sa prière outre mesure, comme nous le voyons avec Rabbi Akiva qui l'écourtait. »
Et parfois, quand le rav pense qu'ils vont l'attendre et qu'il ne veut ni déranger le public ni écourter sa prière, il peut faire quelques pas en arrière pour pouvoir continuer à prier, comme il est rapporté plus loin dans le Eliya Rabba qui écrit :
> « Comme ce sage qui disait à ses élèves, lorsque quelqu'un priait devant l'arche : si ce dernier écourte la prière et que je ne peux pas l'écourter, je fais semblant de me prosterner à Modim, alors que je ne suis même pas encore arrivé à Chema Kolénou. Et lorsqu'il commence à répéter la prière, je recule comme si j'avais terminé ma prière afin qu'on ne se moque pas de moi, et je ne termine vraiment que lorsqu'ils disent la Kedoucha. Et le Saint Béni soit-Il sait que je n'ai reculé que pour ne pas qu'on se moque de moi et m'empêche de me concentrer. »
Et il est certain que le Rabbin doit faire attention à ne pas pousser les fidèles à s'éclipser les uns après les autres, et à ne pas causer de dérangement.
Et a fortiori s'il ne s'agit pas du rabbin et où il n'est pas certain que l'assemblée soit d'accord d'attendre.