Question
Shalom Rav, Est ce que il est permis pour un français qui passe les fêtes en Israel de se faire accompagner en voiture par un Israëlien pendant leur deuxième jour de fête ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Il est interdit pour un Juif résidant en diaspora de demander à un Juif d'Israël d'effectuer un travail pour lui, car ce n'est pas moins grave que de demander à un non-Juif, ce qui est interdit (1).
Cependant, si le résident d'Israël accomplit de lui-même un travail pour le résident de la diaspora, il n'y a pas là d'interdiction, et cela ne constitue pas un cas de jouissance d’un acte interdit pendant Shabbat (hana'a mi-ma'asseh Shabbat), car il agit de sa propre initiative (2).
Mais aller en voiture peut être problématique (3).
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(1) cf. Shaarei TeshOuva, OH 496, Birkei Yosef ad loc., s.k. 4, Radbaz vol. IV §558, et encore plus longuement dans le livre Yom Tov Sheni KeHilh'ato, chapitre 14.
Le fondement de cette interdiction est que, bien qu’aujourd’hui nous connaissions précisément les calculs du calendrier lunaire (kvi'a de-yarh'a), les Sages ont institué un deuxième jour de fête (Yom Tov Sheni) par décret rabbinique. Ce jour a donc le statut complet de Yom Tov, et non seulement un doute (safek), et donc toutes les lois du Yom Tov s’appliquent, y compris l’interdiction de demander à autrui d’effectuer un travail (mélah'a).
(2) C'est ce qu'écrit notamment le Rav Weiss dans ses resp. Minh'at Yitzhak (vol. VII, §34), où il développe largement les sources à cela. Par conséquent, si on peut, avant la fête, faire une allusion indirecte (sans ordre explicite) au résident d'Israël pour qu'il vienne jouer de la musique, conduire, cuisiner, filmer, etc. cela serait permis. Voir aussi Minh'at Shlomo vol. I, §19, al. 3.
(3) En effet, bien que du point de vue même de la réalisation du travail, ce serait permis, le problème est qu'un résident de la diaspora (בן חו"ל) n’a pas le droit de voyager avec un résident d’Israël (בן ארץ ישראל) ou avec un non-juif pendant Yom Tov, en raison de la profanation de la solennité du jour (זילותא דיומא טבא), de l’apparence trompeuse (marit ayin), et peut-être pour d'autres raisons encore. A priori il n'y a pas de différence à cet égard entre un voyage pendant le deuxième jour de Yom Tov avec un résident d'Israël et un voyage en diaspora dans un train conduit par un non-juif (dans la mesure où on a un abonnement et qu'on n'a pas de problème d’achat de billet, par exemple).