Rav Elikan
Deuil
Deuil27 juillet 2023Questeur #13WhatsApp

Question

Sur l'usage du déodorant le 9 Av ,eu égard à l'interdit de s'enduire la peau, on lit plusieurs avis contradictoires, dont certains font de subtiles distinctions entre prévenir et traiter une odeur désagréable.

Qu'en est-il pratiquement ?

Réponse du Rav Shmuel Elikan

En pratique, on peut mettre du déodorant surtout par la chaleur qu'il fait, pour éviter les mauvaises odeurs (1).

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(1) Effectivement, certains auteurs ont prescrit de ne pas utiliser de parfum ni de déodorant à Kippour et par conséquent le 9 av, sans expliquer si c’est au titre de l’onction (sikha) ou à celui de l’ablution (reh'itsa). C'est notamment l'avis du Rav Abba Shaoul et Rav Saria Deblitzki.

Selon le Piskei Teshouvot OH 614, §1, c'est lié à l'onction. Ribbi Shalom Messas (resp. Shemesh OuMaguen, vol. III, §56) écrit, de manière similaire, qu’il est interdit de vaporiser du parfum sur son bras à Kippour du fait que c'est comparable à de l'onction. Cependant, nous ne voyons d’onction que dans le cas où la matière est destinée à nourrir la peau, tandis que le parfum à base d’alcool et le déodorant vaporisé sur la peau ne sont pas destinés à cela.

Par conséquent, il semble que tout le débat, concernant ces produits, touche au seul interdit de se laver.

Si l'interdit est de se laver - dès que c'est pour enlever les mauvaises odeurs et pas pour le plaisir, ce n'est pas interdit. Ainsi le H'ida (resp. H'aim She'al, vol. I, §74) autorise les kohanim qui doivent se laver les mains avant de procéder à la bénédiction sacerdotale, à laver leurs mains avec une eau mêlée d'eau de rose, afin de donner aux mains une bonne odeur. On voit donc bien que le fait de conférer une bonne odeur n'est pas constitutif de l’interdit d'onction. Par conséquent, le déodorant, qui humidifie le corps au degré de toféah' al menat lehatpiah' [c’est-à-dire que le corps mouillé par lui peut mouiller à son tour quelque autre chose] est interdit au titre de l’ablution (reh'itsa). Mais si le but poursuivi est de dissiper une mauvaise odeur, cela est permis. C'est l'avis du Rav Shlomo Zalman Auerbach - Halih'ot Shelomo, Bein HaMetzarim, chap. 14, note 56 ; c’est aussi ce qu’écrit en son nom le rav Ovadia Yossef (H'azon Ovadia, Arba Ta'aniot, p. 295), et le Rav Avigdor Nebenzahl (Yeroushalayim ouMoa'deia, p. 274), et c'est également l'avis du rav N.E. Rabinovitch, du rav Dov Lior, du rav Avraham Yossef et de nombreux autres encore qui permettent de mettre du déodorant à Kippour et a fortiori à Tisha BeAv qui est d'ordre rabbinique.

Et quand bien même on considérait cela comme de l'onction, le Sh. Ar. OH 554,15 tranche que seule l'onction faite pour le plaisir est interdite le 9 av et le Be'our Halah'a id. s.v. sikha écrit qu'en cas de mauvaise odeur il est évident qu'on a le droit de mettre du savon/déodorant sous les aisselles, p.ex. et le Rav Sofer dans son Kaf haH'ayim (id. s.k. 45 et 67) explique également longuement pourquoi cela est permis dans ce cas.