Question
Bonjour Rav,
Peut-on amener un vêtement chez un retoucheur (non juif) pendant hol Hamo’èd svp?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Désolé du retard.
Si on a besoin de l'habit pour la fête, on peut le donner à réparer de manière grossière et on lui redonnera après la fête pour finaliser de manière correcte (1).
Si on a d'autres habits pour la fête, il est néanmoins permis de confier un vêtement à réparer, que ce soit à un Juif ou à un non-Juif, pendant H'ol HaMo'ed, à condition de stipuler avec lui que le travail sera rendu après la fête (2) ; si on peut alors éviter qu'il décompte le nombre de réparations faites pendant Hol Hamoed, c'est encore mieux (3).
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Cf. Sh. Ar. OH 541,1 qui écrit :
> « Il est permis de fabriquer des filets de pêche grossiers (ma'assé hédiot, ouvrage d’un profane), mais pas ceux tissés de fils (maassé ouman, ouvrage d’un artisan). »
Et le Mishna Beroura, s.k. 1, précise :
> « Il est permis de les faire… mais uniquement si c’est nécessaire pour la fête. »
Idem dans le Kaf haH'ayim.
Par ailleurs le Sh. Ar., id. al. 4 ajoute :
> « Il est interdit de réparer ses vêtements ou ses chaussures déchirées ; il est également interdit de demander à un non-Juif de les réparer. »
Le Mishna Beroura (s.k. 10) commente :
> « Il est interdit de les réparer - même si cela risque de les abîmer davantage, car cela ne s’appelle pas un davar ha’aved (perte irréversible), sauf si l’objet sera complètement inutilisable sans la réparation : dans ce cas, un Juif peut le réparer, même sans changement, car c’est un davar ha’aved. Cela ne s’applique que si on a besoin de l’objet pendant Hol Hamoed ; sinon, c’est évidemment interdit, il suffira de l’utiliser après la fête. Il n’y a pas de différence selon que le vêtement s’est abîmé avant ou pendant la fête. »
Le Rema ajoute :
> « Toutefois, en modifiant la manière de faire, il est permis de réparer un peu pour les besoins de la fête. »
Le Mishna Beroura (s.k. 12) explique :
> « En modifiant la manière de faire - c’est le cas pour un artisan, et la modification est expliquée plus loin à l'alinéa 5. Mais si c’est un profane, il peut coudre normalement. Tout cela n’est permis que si c’est nécessaire pour la fête. »
(2) Cf. Sh. Ar. OH 543,3 qui écrit :
> « Il est permis de confier une tâche à un non-Juif, à forfait (kablanout) ou à la journée (sah'ir yom), à condition qu’il l’exécute après Hol Hamoed ; mais il ne faut pas mesurer, peser ou compter comme on le fait en semaine. »
Le Rema ajoute :
> « Même si le non-Juif effectue ensuite le travail pendant la fête, cela reste permis, du moment qu’on avait stipulé qu’il le ferait après la fête. »
Le Mishna Beroura (s.k. 7) commente :
> « Il est permis de confier la tâche à un non-Juif… et de même à un Juif. Le texte parle du non-Juif pour ne pas penser qu’il ne respectera pas l’engagement. »
Idem dans le Kaf haH'ayim (Sofer - ad loc., s.k. 12).
(3) Cf. Kaf haH'ayim (s.k. 13) qui explique :
> « Cela signifie qu'il faut lui dire clairement de le faire après la fête. Mais l’Élya Rabba pense qu’il n’est pas nécessaire de le dire explicitement : le simple fait de lui remettre la tâche pour après suffit. Le Birkei Yossef le ramène et ajoute que c'est ce qui ressort du Nimoukei Yossef, de Rabbenou Yerouh'am et du Mordeh'ai qui vont dans le même sens. Le H'ayei Adam, lui, tranche selon le Maguen Avraham, qui exige une clause explicite. »
Dans le Be'our Halah'a, il est dit :
> « Il faut bien lui dire qu’il ne faut pas faire pendant la fête, comme le Maguen Avraham l’a compris. Le Rema semble aussi aller dans ce sens. »
Le Mishna Beroura (s.k. 10) écrit à propos du passage « il ne doit pas compter » :
> « Donc, si on donne ses vêtements à laver à un non-Juif pour après la fête, on ne doit pas les compter, et c’est pourquoi certains ont l’habitude de ne pas du tout les confier à un blanchisseur non-Juif pendant H'ol Hamo'ed, car sans les compter, ils ne lui font pas confiance. Le Dagoul Mervava autorise à donner des vêtements en lin pour les laver après la fête et même à les compter. »
Le Kaf Ha’haïm (s.k. 16) écrit encore :
> « Même si le non-Juif effectue la tâche pendant H'ol Hamo'ed, ce n'est pas interdit, on n’a pas besoin de l’en empêcher. Cependant, si ce sont des habits bien identifiés comme appartenant à un Juif, et qu’il les lave en public (par exemple au bord d’une rivière), il faut l’en empêcher. »
> Le Maguen Avraham (OH 652,10) et l’Eshel Avraham (ici s.k. 6) précisent que cela vaut aussi pour Hol Hamoed. Mais certains contestent cette sévérité comme nous l'avons écrit au s.k. 33.