Question
bonjour Rav,
Est il autorisé d'engager un nom juif pour des travaux à effectuer dans un essek fermé le chabath? C'est son seul jour de disponible dans la semaine.
Le travail à faire est à étaler sur plusieurs jours de travail
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Il est interdit de louer les services d’un ouvrier non-juif qui travaillerait pour nous le Shabbat, dans la mesure où celui-ci serait salarié. Et s'il travaillait pour nous dans ce cas, on n'aurait pas le droit de profiter de ses actions commises durant shabbat (1).
En outre, si cet ouvrier agit dans le cadre d'un accord de prestation de services ( kablanout ) - cela devient permis (2), à condition qu’il ne soit pas manifeste que le travail est fait à l’intention de juifs. Mais si cela est manifeste, par exemple dans le cas où le prestataire travaillerait dans notre maison pendant shabbat, cela peut être problématique (mar'it a'yin) (3).
En cas de besoin et s'il n'y a pas grand monde dans l'entourage qui pourrait voir ou entendre ces travaux, il y a lieu d'être plus permissif (4).
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(1) cf. Bah' OH 244 ; Maguen Avraham, id. s.k. 11 ; H'ayyei Adam, Klal 3, al. 7
(2) En effet, dans un tel accord, le travailleur s’engage à réaliser sa tâche en un temps défini, en échange d’une somme forfaitaire, or peu importe quel jour le prestataire de services travaille : dès lors qu’il termine l’ouvrage dans les délais convenus, il reçoit son paiement. Ainsi, du moment que l'ouvrier non-Juif est en mesure de réaliser son action même sans travailler le shabbat, le fait qu’il travaille le shabbat, de son gré, n'est pas interdit. Et ce, bien qu'on puisse retirer un bénéfice, dans la mesure où le travail est achevé plus rapidement. En effet, on considère que le non-juif travaille pour lui-même, dans le but de terminer son travail et pas pour une autre raison.
Selon ce principe, il est permis à un juif de convenir avec un ouvrier non-juif que celui-ci fera une réparation à tel endroit ou sur tel objet, contre une somme déterminée ; et si le non-juif travaille le shabbat, il n’y a pas là d’interdit.
Par contre, il est interdit de demander au non-juif, le vendredi, de faire ce même travail pour l’issue de shabbat, parce que dans ce cas, pour avoir le temps de terminer la tâche, l'ouvrier serait obligé de travailler pendant shabbat ; on considèrerait alors que c'est une demande spécifique de travailler pour nous le shabbat - chose interdite. Concernant tout cela, cf. Beit Yossef, Sh. Ar. et comm. OH 244.
(3) Nos Sages ont donné pour directive à quiconque prend un prestataire de services non-juif pour construire une maison de ne pas lui permettre de travailler le shabbat, car les passants soupçonneraient le propriétaire de profaner le shabbat en salariant des ouvriers non-juifs - cf. Sh. Ar. OH 243, 1 et Be'our Halah'a ad loc. s.v. sheken.
(4) cf. Piskei Teshouvot OH 244, §1 et sources citées.