Question
Bonjour Rav
J’avais entendu que la consommation de girafe était en théorie permise d’après la Halakha, mais qu’en pratique, certaines raisons empêchent la consommation. Est ce vrai? Et si oui, quelles sont ces raisons ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
La girafe est un animal pur et donc casher (1).
Certains permettent d'en manger (2).
D'autres, non - du fait qu'on n'a pas de tradition à son égard et, selon eux, seul le fait d'avoir une tradition (massorète) rend un animal permis à la consommation (3).
D'aucuns suggèrent que le fait que cet animal soit éventuellement cité par la Torah (4), constitue une tradition suffisante pour permettre sa consommation (5).
Concrètement, il y a toute une littérature sur le sujet et beaucoup s'abstiennent du fait de cette discussion (6).
A noter qu'il existe une légende urbaine consistant à dire qu'on n'a pas l'habitude d'en manger du fait de la taille de son cou et que par conséquent on ne saurait pas où faire la sheh'ita, mais c'est une erreur, puisque la mishna (puis la guemara) nous dit qu'on peut faire la sheh'ita sur n'importe quel endroit du cou, a priori (7).
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(1) Rav Saadia Gaon traduit le "zamer" cité dans la par. de Reeh (Devarim 14,5) comme étant la girafe et c'est également rapporté en son nom par le Rashbetz dans Yavin Shemoua, hil. Treifot, chap. 1 ainsi que par le rav Yehossef Schwartz, au 19ème siècle, dans son livre Tevouot HaAretz, part. HaH'ai, p. 366 qui affirme pu vérifier cela et confirme que cela correspond à la réalité du terrain.
(2) cf. Pri Megadim YD 80, Siftei Daat, s.k. 1 ; Kaf HaH'ayim (Sofer), YD id. s.k. 5 ; etc.
(3) cf. Shah' YD 80, s.k. 1 ; H'oh'mat Adam, Klal 36, al. 1 ; H'azon Ish YD §11, al. 4. A noter que selon cet avis, il n'est pas évident de pouvoir manger de la dinde, notamment.
(4) cf. n. 1.
(5) cf. l'art. du rav Avraham H'amami, dans la revue Teh'oumin n°20 - "HaGiraffe - Kasherouta leAh'ila", et ce qu'il écrit en p. 92 notamment.
(6) cf. resp. Rashban (Schick), vol. II (EH), §64 qui rapporte un avis selon lequel la girafe correspond au "tah'ash" biblique utilisé pour la construction du Mishkan notamment (et non du "zamer") - cf. aussi prof. Yehouda Felix, HaH'ai veHaTzomeah' baMikra, p. 93 qui soutient que cela peut à la fois être le "tah'ash" ou le "zamer", selon les interprétations ; resp. Teshouvot veHanhagot (Sternbuch), vol. V, §11 ; resp. veShev veRafeh (Evers), vol. III, §111 (l'occasion au passage de remercier le rav Raphaël Evers d'avoir donné une copie de son livre à chaque membre du kollel Eretz H'emda, il y a de ça quelques années) ; resp. HaRishon LeTzion (Yossef), vol. II, YD, §1 ; Yalkout Yossef, Issour veHeiter, vol. II, p. 343-347 ; Sh. Ar. HaMekoutzar (Ratzabi), vol. IV, §134, n. 6.
(7) H'oulin chap. 1, mishna 4 ; TB id. 19b-20a et 45a ; Sih'at H'oulin (du rav Amitai Ben-David), p. 417-418.