Question
Chalom Rav,
Est ce que quelqu'un peut mettre les tefilines de quelqu'un sans lui demander sa permission contrairement à d'autres ustensiles de mitsva ou pas ? Est ce que c'est propre au tefiline ?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Ce n'est pas propre aux tefilin, cela touche également le talith et d'autres ustensiles de mitzva.
Pratiquement, si on sait que cela ne dérange pas, par exemple, si on est dans une synagogue et l'autre a déjà prié et s'en est allé - on peut.
Sinon, à savoir dans le cas où il risque d'y avoir une dispute à cause de cela, puisque les gens n'aiment pas qu'on touche leurs affaires - et c'est généralement le cas - on n'a pas le droit (1).
____________________
(1) Le Shoulh'an Arouh' dans les lois de tsitsit (OH 14, 4), statue :
> « Il est permis de prendre le talit de son prochain et de réciter la bénédiction dessus (évidemment, il ne s’agit pas de le prendre à l’insu de l’autre de manière abusive), à condition de le replier si on l’a trouvé replié. »
Le Rema ajoute :
> « Il en va de même pour les téfilines. »
La raison de cette permission est que, de manière générale, une personne est satisfaite que ses objets soient utilisés pour accomplir une mitsva ; cela lui est agréable et source de joie.
Cependant, les décisionnaires récents ont tranché que de nos jours les gens sont plus stricts et ne souhaitent pas qu’on prenne leur talit ou leurs téfilines sans leur autorisation. Il faut donc éviter de les utiliser sans l’accord explicite du propriétaire.
Ainsi écrit Arouh' HaChoulh'an (OH 14, 11) :
> « Bien que nos maîtres aient statué qu’en règle générale il est permis de prendre le talit de son prochain sans sa permission et de prier avec, car il est certain que cela lui plaît, nous voyons cependant que beaucoup de personnes, de nos jours, sont très pointilleuses sur ce point — en particulier lorsque le talit est neuf et propre. De plus, certaines personnes ne supportent absolument pas que quelqu’un d’autre porte leur vêtement, par crainte de transpiration ou pour des raisons d’hygiène. »
De même écrit le Ben Ish H'aï (Par. Lekh Lekha, Première année, §6) :
> « À notre époque, nous constatons que la majorité des gens tiennent à ce que d’autres ne portent pas leur tsitsit ou leurs téfilines. Il ne faut donc pas prendre auprès du bedeau (shamash) le tsitsit ou les téfilines appartenant à quelqu’un d’autre sans l’accord du propriétaire, sauf si le bedeau sait clairement que le propriétaire n’y voit aucun inconvénient. Les opinions sur ce sujet ne sont pas uniformes : moi-même, je sais que je fais partie de ceux qui y tiennent. »
Cf. encore resp. Tzitz Eliezer, vol. XII, §7 ; notes du rav Mordeh'ai Eliahou sur Kitzour Sh. Ar. §9, n. 10 ; etc.