Question
Bonsoir,
Comment une femme peut-elle se tremper pour aller au mikve si elle porte un plâtre (qui ne peut être retiré) au bras pendant 6 semaines?
Réponse du Rav Shmuel Elikan
Si une femme a un plâtre au bras ou à la jambe, et qu'il est difficile de l'enlever de peur de nuire à la guérison ou en raison du grand effort nécessaire, alors, puisqu'elle veut qu'il reste en place, cela ne constitue pas une h'atzitza (séparation entre le corps et l'eau), selon la majorité des décisionnaires (1).
Ainsi, si le plâtre peut être mouillé et résiste à l'eau, elle peut se tremper avec.
Si, par contre, le plâtre risque de se détériorer au contact de l'eau, elle peut l'envelopper de plastique et coller les bords du plastique à sa peau de manière à garantir que le plâtre ne sera pas mouillé, et elle se trempera ainsi, de sorte que l'eau du mikvé enveloppe tout son corps, plâtre compris.
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(1) Il est cependant à noter qu'il existe des avis plus stricts sur ce point, car normalement une femme n'apprécie pas d'avoir un plâtre sur son corps et n'y est contrainte que du fait de la blessure. Ainsi, on trouve des décisionnaires affirmant que même si le plâtre reste longtemps sur la femme, elle ne se trempera pas tant qu'il n'aura pas été retiré - cf. resp. Mishpetei Ouziel, vol. IX, YD §26 ; H'out Shani YD 198, al. 31 ; Mishmeret HaTaharah YD 198, s.k. 85, au nom du rav Elyashiv). Leur avis repose sur les propos du Shoulhan Arouh' YD 198, 10 stipulant qu'un bandage sur le corps constitue une h'atzitza. Cela est dû au fait qu'une personne, en général, ne veut pas de bandage ou de plâtre sur son corps, et aussi au cas où le plâtre aurait été fait plus grand que nécessaire pour le soin. Cependant, si le retard dans la purification risque de conduire à un manquement ou même à des pensées de transgression, il convient de se montrer permissif (resp. Har Tzvi (Franck), YD §165).
À l'inverse, la logique simple est que quiconque a besoin d’un plâtre pour sa guérison ne se soucie pas de l’avoir, et la preuve en est qu'il le porte en public. Ainsi tranchent le rav Waldenberg (resp. Tzitz Eliezer, vol. IV, §9), le rav Ovadia Yossef (Taharat HaBayit, vol. III, page 57), et notre maître le Rav N. E. Rabinovitch. Il n'y a donc pas lieu d’être strict sur ce point, car cela affecterait la mitzva conjugale qui est d'ordre toranique.
Celles qui souhaitent être particulièrement strictes pourront éventuellement trouver des moyens d’enlever le plâtre avant l'immersion et de le remettre immédiatement après.
En bref, étant donné que pratiquement elle a besoin du plâtre, elle souhaite donc qu'il reste en place, ce qui fait qu'il ne constitue pas une h'atzitza.
De plus, tant que le plâtre ne couvre pas la majorité du corps, même selon les opinions strictes, l'obstruction est seulement d'ordre rabbinique. En outre, être strict sur ce point compromettrait la mitzva conjugale prescrite par la Torah. C'est pourquoi il convient de trancher selon les opinions permissives.