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Article17 février 2025555 mots

Mishpatim - l'étude du respect responsable

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Parashat Mishpatim - l'étude du respect responsable

"Et le propriétaire de la maison s'approchera de Dieu, s'il n'a pas porté la main sur le travail de son prochain"

(Exode 22, 7).

Le rav Barouh' HaLevi Epstein, dans son livre Barouh' She'amar (p. 314), a interprété ce verset en lien avec le service divin de l'homme d'Israël.

Il y a des érudits en Torah qui se consacrent à l'étude jour et nuit, et c'est là leur travail approprié et qui leur convient. Mais il existe aussi le "ba'al habayit" (le propriétaire de maison), l'homme de métier et de travail manuel.

La Torah suggère ici que l'approche de ce "ba'al habayit" envers Dieu se fait selon sa propre voie qui lui est appropriée et particulière :

"Et le propriétaire de la maison s'approchera de Dieu" –

en ne portant pas la main sur le travail de son prochain.

Son mode de vie ne consiste pas en un engagement total jour et nuit dans l'étude de la Torah, mais son travail principal réside dans le commerce exercé avec droiture, et c'est ainsi qu'il se rapproche de Dieu.

De cette compréhension découle naturellement qu'il n'y a pas lieu pour un Juif d'éprouver de l'orgueil vis-à-vis de son prochain.

Chacun se consacre à son travail "à condition que son cœur soit dirigé vers le Ciel".

Dans son livre Netiv Mitzvoteh'a le Rav Yitzchak Eizik Safrin de Kumerno (p. 28), écrit à ce sujet :

"Aucune créature ne ressemble à une autre, et aucun juste ne ressemble à son prochain. Chaque être est nécessaire aux desseins divins, et tous accomplissent Sa volonté, béni soit-Il. Toutefois, leur source d'influence spirituelle n'est pas identique, pas plus que leur rectification. La h'elbona dans l'encens accomplit ce que la levona n'accomplit pas. Parfois, et même souvent, un impie effectue une action qui ébranle tous les mondes bien plus qu'un juste qui agit mécaniquement, accomplissant des commandements par simple habitude. Il est possible qu'il y ait en lui une intention cachée, s'il analyse et examine profondément son état et son service divin. C'est pourquoi il doit s'humilier comme un ver et une humble herbe devant toute créature, et tout Juif".

Il fait allusion ici aux encens amenés au Temple (ketorèt).

En général, les onze parfums de cet encens étaient constitués de dix parfums agréables et de galbanum (h'elbona) qui en soi provoquait une odeur désagréable.

Le galbanum représentait le pécheur, l'impie, qui se joignait au minyan (quorum) de dix bons hommes.

Il est ainsi enseigné :

« Tout jeûne qui n'inclut pas les pécheurs d'Israël n'est pas un jeûne ».

Et on apprend cela de l'encens qui nécessite cette mauvaise odeur pour être valide (TB Keritot 6b).

De manière similaire nos Sages enseignent que le Monde a été créé par Dix Dires (Ma'amarot) Divins.

Les kabbalistes ajoutent (E'tz H'ayim, Sha'ar haKavanot, pp. 87-88 et Sha'ar haKelipot §1) qu'ils sont tous décrits comme "Tov" (bons) mais il y en a un onzième qui n'est pas bon (lo tov) :

"il n'est pas bon [à] l'homme d'être seul"

(Bereshit 2,18).

Mais c'est justement ensemble avec le h'elbona que l'encens agit, qu'elle peut potentiellement "arrêter" des épidémies

(cf. TB Shabbat 89a et comm. sur Bamidbar 17,11 ; Zohar vol. I, 100b et vol. II, 224a ; E'tz H'ayim Sha'ar Kelipat Nogah, §3, p. 383).